Une thèse de doctorat vétérinaire récente, réalisée par le chercheur Mohamed Larbass El Hariim, révèle que 89 % des établissements de santé en Mauritanie ne disposent pas de vaccin contre la rage. La thèse, soutenue à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, montre également que 83 % des établissements sanitaires sont dépourvus de centres spécialisés dans la lutte contre cette maladie, tandis que 74 % des agents de la santé animale ne sont pas impliqués dans les programmes de surveillance épidémiologique.

L’étude souligne que le taux de coordination entre les secteurs de la santé humaine et vétérinaire ne dépasse pas 9 %, et que de nombreuses victimes de morsures d’animaux continuent de recourir à des tradipraticiens plutôt que de se rendre directement dans des structures sanitaires. Beaucoup de citoyens ignorent que le lavage immédiat de la plaie à l’eau et au savon constitue le premier geste pouvant réduire le risque de contamination.

Menée auprès de 428 participants (citoyens, médecins, vétérinaires et personnels de laboratoire), la thèse recommande notamment de renforcer les campagnes de sensibilisation en langues locales, de garantir un approvisionnement continu en vaccins et immunoglobulines antirabiques, d’appliquer avec rigueur la vaccination obligatoire des chiens, de réaliser un recensement canin national et d’adopter une approche « Une seule santé » associant santé humaine, santé animale et environnement.

Des habitants et des médecins ont par ailleurs signalé la disparition du vaccin antirabique de plusieurs centres de santé du pays, appelant les autorités à intervenir en urgence pour en garantir la disponibilité.

Source : Al Akhbar — 6 juillet 2026