Dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, a déclaré que la Mauritanie a perdu « beaucoup de vies innocentes » à sa frontière avec le Mali, s’inquiétant de la répétition de ces incidents depuis plus de quatre ans le long d’une frontière commune d’environ 2 230 kilomètres.

Le chef de la diplomatie a rappelé que Nouakchott a proposé la création d’une commission conjointe de coordination réunissant les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l’Intérieur et les services de sécurité des deux pays, initiative restée sans suite du côté malien. Interrogé sur les accusations du président de transition Assimi Goïta, selon lesquelles la Mauritanie abriterait des éléments du Front de libération de l’Azawad, il a affirmé que cette question n’a jamais été soulevée lors de leurs multiples rencontres, soulignant que la stabilité du Mali est un intérêt direct de son pays.

Ould Merzoug a également insisté sur le fait qu’aucun État ne peut gagner seul la guerre contre les groupes terroristes, relevant que le Sahel concentre environ 19 % des attaques terroristes dans le monde. Il a indiqué que la Mauritanie mène des consultations avec plusieurs pays africains pour lancer un mécanisme de coopération élargi, un temps prévu à Nouakchott mais reporté en raison des tensions internationales.

Sur la migration, le ministre a défendu une politique « d’équilibre entre fermeté et humanité », refusant que la Mauritanie devienne une plateforme pour les réseaux de passeurs, qualifiés de « marchands de la mort », ou qu’elle joue le rôle de « garde-frontière » pour l’Europe. Concernant le Sahara occidental, il a réaffirmé la neutralité positive observée par Nouakchott depuis 1984, estimant que la solution ne peut être militaire mais doit s’appuyer sur les résolutions des Nations unies.

Source : Al Wiam — 18 juillet 2026