Sur la rive du fleuve Sénégal, au centre administratif de Gouraye, dans la moughataa de Ghabou (wilaya du Guidimakha), une intense activité commerciale relie chaque jour la Mauritanie, le Sénégal et le Mali. Cette traversée est assurée par la famille mauritanienne Kébé, qui gère un projet de pirogues dédié au transport de marchandises et de passagers.
La famille compte environ 500 personnes, dont la vie tout entière s’organise autour du fleuve. Ses embarcations transportent quotidiennement entre 10 et 15 tonnes de marchandises entre les trois pays, tandis que des pirogues d’une quinzaine de places assurent le passage des personnes, pour 500 anciennes ouguiyas vers le Sénégal et 500 francs CFA au retour.
Interrogé par l’agence Al Akhbar, N’Diabou Abdel Kébir, membre de la famille, salue des relations sans accroc avec les autorités administratives, sécuritaires et douanières, mais pointe un problème central : l’accès au carburant. Le Sénégal et le Mali refusent de leur en vendre, et aucune station ne dessert les pirogues côté mauritanien, alors que Dakar fournit chaque année des moteurs aux acteurs du secteur sur sa rive.
La famille, qui dit avoir atteint l’autosuffisance grâce à son projet et entretient une grande mahadra d’enseignement, demande à l’État mauritanien un appui comparable : carburant, moteurs et matériel, y compris le bois des pirogues qu’elle doit aujourd’hui acheter à prix fort au Mali et renouveler chaque année, l’eau rongeant les coques.
Source : Al Akhbar — 17 juillet 2026


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