Le député et président de l’organisation IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste), Biram Dah Abeid, a accusé la direction de la police mauritanienne de présenter une version « mensongère et contradictoire » des événements du 1er juillet devant le tribunal de Nouakchott-Ouest, rejetant les accusations selon lesquelles des membres du mouvement auraient tenté de prendre d’assaut le palais de justice et jeté des pierres sur des policiers.

Ould Abeid a déclaré à l’Agence Al Akhbar que les autorités se contredisent lorsqu’elles évoquent de graves agressions contre la police et le palais de justice, sans pour autant avoir arrêté ni traduit en justice quiconque à ce titre, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles les auteurs présumés désignés par la police n’ont pas été interpellés.

Il a avancé deux hypothèses pour expliquer cette absence d’arrestation : soit la police elle-même aurait envoyé ces personnes, qui travailleraient avec elle et seraient parfois instrumentalisées par le pouvoir, ce qui expliquerait qu’elle ne puisse les arrêter ; soit — hypothèse qu’il privilégie et présente comme la vérité — le contenu du communiqué de la police « n’a aucun fondement et ne s’est tout simplement pas produit ».

Ould Abeid a affirmé que le mouvement IRA considère toute agression contre la police ou toute intrusion dans le palais de justice comme un délit devant être sanctionné, réclamant l’arrestation de quiconque serait reconnu impliqué. Il a précisé que les militants du mouvement ayant participé au sit-in sont connus, et que si les autorités disposent de preuves impliquant l’un d’entre eux, elles doivent les produire.

Il a qualifié le communiqué de la police de « mensonge », estimant que le pouvoir fait face à une vague de condamnations internes et externes en raison de ce qu’il a décrit comme « le crime » commis à son encontre.

Ould Abeid a par ailleurs évoqué avoir été exposé à une substance dont il ignore la nature, précisant qu’il poursuit des examens médicaux tout en préparant des dossiers juridiques, médiatiques et politiques, avec l’appui d’avocats, en vue de porter plainte contre l’officier de police qu’il a nommément mis en cause.

Il a indiqué que cette substance lui avait fait perdre la vue, l’équilibre et la conscience, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles la police n’affirme pas qu’il aurait agressé ses agents si elle estime justifié l’usage de cette substance contre lui.

Le président de l’IRA a ajouté avoir également réclamé l’ouverture d’une enquête sur les événements de Kaédi ainsi qu’un réexamen de l’élection présidentielle qu’il a qualifiée de frauduleuse, estimant que la satisfaction de ces revendications aurait servi la réconciliation nationale, et appelant les autorités à agréer son parti et à ouvrir une enquête si elles contestent ses propos.

Source : Al Akhbar — 5 juillet 2026