Le tribunal de Nouakchott-Sud a ouvert ce mercredi l’audience consacrée à l’examen de l’appel introduit par la défense des députées Mariem et Ghamou, dans une affaire suivie de près par l’opinion publique. La salle d’audience était comble, avec plus d’une vingtaine d’avocats mobilisés pour la défense des deux élues, et une trentaine de policiers déployés pour assurer la sécurité.

Pendant plusieurs heures, les avocats de la défense ont développé une argumentation centrée sur des irrégularités de procédure, s’appuyant notamment sur l’article 50 de la Constitution, qui garantit aux députés une immunité parlementaire les protégeant contre toute poursuite ou arrestation sans autorisation préalable de l’Assemblée nationale, sauf en cas de flagrant délit. Selon la défense, cette condition n’était pas réunie, et les poursuites engagées contre les deux parlementaires seraient entachées de nullité.

Le procureur de la République a défendu une lecture opposée, soutenant que les faits reprochés aux deux élues relevaient bien du flagrant délit, ce qui permettait aux autorités judiciaires d’engager des poursuites sans attendre une autorisation de l’Assemblée nationale.

Après plusieurs heures de débats, le président du tribunal a levé l’audience en fin de journée. Les deux députées ont réaffirmé, à l’issue de la séance, qu’elles se considèrent toujours couvertes par leur immunité parlementaire.

Source : CRIDEM / Shems Maarif (fr)