Lors d’un point de presse organisé samedi à Nouakchott, Youssouf Sylla est revenu sur le litige opposant la société mauritanienne K.P Pêche, dirigée par Ahmed Salem Ould Khatary, à une partie portugaise autour de l’acquisition du bateau « Castelinos Mar ». Un contrat signé en 2012 prévoyait l’achat du navire pour 200 000 euros — un premier versement de 100 000 euros à la livraison, puis quatre échéances de 25 000 euros.

Documents à l’appui, M. Sylla affirme que les acquéreurs mauritaniens auraient réceptionné le navire sans honorer leurs engagements financiers et auraient falsifié ses documents administratifs pour le faire passer pour un navire espagnol, alors qu’il était sous pavillon portugais. Il conteste également l’année de construction déclarée (2008), soutenant que le bateau a été construit en 1982 à Boulogne-sur-Mer, en France, avant d’être immatriculé au Portugal en 1988.

Le conférencier a aussi dénoncé le sort réservé à un réparateur portugais mandaté pour remettre le navire en état : venu en Mauritanie réclamer ses factures impayées, il aurait été détenu près de deux ans, contraint de verser une caution d’environ 80 millions d’anciennes ouguiyas pour obtenir une liberté provisoire, puis empêché de quitter le territoire malgré un certificat médical, avec deux policiers postés à son domicile à ses frais. Selon M. Sylla, ni la caution ni les frais de réparation ne lui ont été restitués, alors que le bateau est revenu dans les eaux mauritaniennes et a été remis par le juge à l’acquéreur mauritanien.

Qualifiant la situation de « honteuse » pour la Mauritanie, Youssouf Sylla a précisé ne pas vouloir politiser l’affaire ni mettre en cause les plus hautes autorités de l’État — le président de la République n’ayant selon lui « aucun lien » avec ce dossier —, mais alerter l’opinion publique. L’affaire reste pendante devant les juridictions compétentes, le dossier étant systématiquement renvoyé devant le tribunal de première instance de Nouadhibou, qui a déjà tranché au détriment de la partie portugaise.

Source : La Dépêche de Mauritanie et du Sahel — 18 juillet 2026